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Le dehors, l’impossible et moi

Chaque mois, un intellectuel différent (psychanalyste, sociologue, philosophe, artiste, écrivain, etc.) se laisse habiter, envahir par le monde extérieur — dans le sens le plus indéfini du terme. À la fin du mois, il (ou elle) transforme en lui-même, puis dans la parole, ce dehors auquel il a offert son hospitalité. Depuis le silence, une voix surgit, seule avec le micro et ses fantômes. L’espace public, pour nommer celui-là, a peut-être ainsi la chance d’être interprété à nouveau, retraduit, avec un délai, en après-coup.

Novembre 2007 selon Martine Delvaux

Une chronique mensuelle
Avec Martine Delvaux
Ajouter à la liste d'écoute Année: 2007
Durée: 18:24
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« ... j'ai toujours rêvé d'aller à San Gimignano... quand j'y arrive enfin, sorte de déception : la réalité est inaccessible. Je n'arrive pas à toucher. L'image est trop forte. Elle est saturée. San Gimignano est une forteresse, et la beauté m'étouffe. Ne reste que le vent. Rien ne peut traduire ce vent... je ne sais pas comment on peut braquer une caméra sur le visage d'une mère qui vient de perdre son enfant. Suit le clip des funérailles de Bianca Leduc, une annonce pour le lait, deux c'est mieux. En première page du Métro, le quotidien le plus branché sur le monde, la même image, en gros plan, une colombe qui s'envole, et derrière elle la douleur de la mère. Et tout en haut de la page, "Céline au Centre Bell"... ici, dit mon ami — celui qui me parle de l'Afrique —, quand on accouche dans un taxi, on en revient pas et là-bas, le sac-poubelle, la terre-battue... ma fille veut une licorne toute blanche pour Noël... »