Aller au contenu principal

Le dehors, l’impossible et moi

Chaque mois, un intellectuel différent (psychanalyste, sociologue, philosophe, artiste, écrivain, etc.) se laisse habiter, envahir par le monde extérieur — dans le sens le plus indéfini du terme. À la fin du mois, il (ou elle) transforme en lui-même, puis dans la parole, ce dehors auquel il a offert son hospitalité. Depuis le silence, une voix surgit, seule avec le micro et ses fantômes. L’espace public, pour nommer celui-là, a peut-être ainsi la chance d’être interprété à nouveau, retraduit, avec un délai, en après-coup.

Décembre 2006 selon Jean Imbeault

Une chronique mensuelle
Avec Jean Imbeault
share

« ... ma première émotion du dehors, je crois qu'elle coïncide avec le moment où j'ai franchi seul, pour la première fois, la lisière nord de mon village et que je me suis retrouvé dans ce qui m'apparaissait alors comme la forêt... ce flot continu de discours confus, de commentaires biaisés, d'analyses tronquées, de débats supposés, nous injecte au goutte-à-goutte une petite peur permanente, une auto-censure fantôme, une sorte de tabou durable... c'est comme si l'importance réelle que l'on accorde encore, à Paris, aux valeurs culturelles et civiques s'associait étrangement à une stéréotypie caricaturale des discours... »